Maison Pompadour, le secret d’un clos 

« Il faut que tout change pour que rien ne change. » — Paul-François Vranken 

Henry Vasnier, l’origine d’un clos 

Amateur d’art et esprit éclairé du XIXe siècle, Henry Vasnier imagine un vignoble à part. Protégé du tumulte par de hauts murs, enraciné dans la craie de Reims, conduit avec exigence : ainsi naît le Clos Pompadour. 

Pour lui, le Clos est d’abord un lieu d’observation. Dès l’origine, la vigne sert à comprendre. 

La première récolte est vendangée en 1896. Le Clos traverse ensuite le siècle en silence, fidèle à ses murs et à ses rangs de vigne. 

Paul-François Vranken, la transmission 

Au début des années 2000, Paul-François Vranken fait un geste inédit : il isole pour la première fois les vins du Clos, jusque-là assemblés avec d’autres terroirs. En 2003, un premier vin est mis en magnum. L’intuition se confirme. 

Commencent alors vingt années de patience. Échanges avec les chefs de caves, dizaines de maquettes de flacons, d’étiquettes et de collerettes : chaque détail est pesé, jusqu’à la couleur et l’épaisseur des filets. 

En 2025, Maison Pompadour dévoile ses deux premiers flacons. Consacrer une Maison entière à un seul clos : le choix est rare. Il fait de Maison Pompadour la première création du groupe au XXIe siècle. 

Une Maison au cœur de la ville 

Le Clos Pompadour ne se trouve pas au milieu des coteaux, mais sur les hauteurs de Reims, au cœur même de la ville. Là où la Champagne se vit d’ordinaire à travers ses paysages de vignes, Maison Pompadour est née entre les rues et les toits de sa capitale historique. 

Cette situation en fait une singularité en Champagne : un vignoble urbain, clos de murs, resté intact alors que la ville grandissait autour de lui. Préserver ce lieu, c’est préserver un fragment vivant de l’histoire rémoise. 

La sélection massale, un patrimoine vivant 

La Maison poursuit un patient travail de sélection massale. Au sein de populations anciennes de vignes, seuls les meilleurs pieds sont retenus : ceux dont la vigueur, les raisins et le caractère se distinguent. Ils sont ensuite multipliés pour donner naissance aux vignes de demain. 

Certains pieds historiques du Clos ont ainsi été conservés et reproduits, pousse après pousse. Ce geste préserve une diversité génétique précieuse, là où la vigne tend ailleurs à s’uniformiser. 

Ici, transmettre ne s’arrête pas aux hommes. La vigne elle-même porte la mémoire du Clos, du XIXe siècle jusqu’aux vendanges à venir.